Le suicide des enfants en Colombie


À partir de 18h, le sang commence à couler dans certaines banlieues de Medellin. Dans ces endroits à haut risque, les médecins dans les salles d’urgence des hôpitaux et des centres de santé se préparent car ils savent, par expérience, qu’après 6 heures un ou plusieurs jeunes vont débarquer, blessés, membres de gangs armés ou… simplement des passants qui se sont retrouvés pris dans des tirs croisés.

Cette situation de violence que connaissent ces banlieues de Medellin a désormais débordé sur une population plus jeune encore, selon El Colombiano, le quotididen colombien, qui y consacre une série d’articles sous la plume de Elizabeth Yarce. Chaque jour, l’unité de soins de Santa Cruz, au Nord-Est de la ville, reçoit 2 à 3 jeunes, entre 13 et 16 ans, pour des tentatives de suicide, veines sectionnées, poisons, drogues, pendaison.’’ Nous n’avons jamais connu une telle situation, à ces niveaux-là. Cela demande une attention psychologique accrue parce que c’est inconcevable qu’autant d’enfants, dans ces quartiers, ne veuillent plus vivre. Il n’y a pas d’opportunités pour eux, ils ne voient pas d’avenir’’, déclare le docteur Julio Arbelaez.

En raison de la violence dans ces secteurs, les médecins sont habitués à soigner les blessés et à entendre les coups de feu à l’extérieur, en même temps; selon El Colombiano, entre 17 et 22h, ces médecins reçoivent de 5 à 9 jeunes, blessés par balles. ‘’Par ici, c’est encore pire, après minuit, il n’y a plus de transport en commun. Alors, ceux qui sont blessés peuvent rarement arriver jusqu’à nous et meurent dans la rue’’, explique l’un des médecins.

Il est évident que cette partie de Medellin a créé une détresse importante dans la population et, en particulier, chez les plus vulnérables, les enfants et les adolescents qui ne voient plus d’autre issue que de se tuer pour mettre un terme à la peur dans laquelle ils vivent quotidiennement et au désespoir de voir des jours meilleurs.

Par Wilmar valencia Alvarez, notre correspondant à Medellin.
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